Vertige (opéra)
Opéra – théâtre, textes : Patrick Kermann.
Les héros de cet opéra-théâtre sont des clowns ou plutôt des vivants de comédie à l'existence encombrée d'urgences égoïstes, dérisoires et pathétiques. Ils envahissent l'arène, aux portes de la nuit, pendant que les chanteurs d'opéra s'accrochent à la balustrade de leurs balcons et que l'orchestre flotte au-dessus du vide.
Le vertige a partie liée avec le dédoublement, la dualité, l'opposition des contraires, c'est en tombant dans un trou qu'Alice accomplit son voyage "au pays des merveilles" et, dans cet opéra, texte et musique font apparaître une forme étrange de narration. Drouet et Kermann ont en commun l'humour, la distance, le rapport ludique et jubilatoire aux rythmes, le sens aigu du contraste et du fragment, le rebond vers la légèreté... C'est dans la couleur qu'ils sont complémentaires : toutes les nuances de la lumière et de la densité chez Kermann, polychromie joyeuse et ample chez Drouet.
Patrick Kermann, récemment disparu, nous livre ici son ultime poème d'amour pour le monde, alors que Jean-Pierre Drouet, percussionniste renommé, signe avec Vertiges son premier opéra. Pour lui, l'idée n'est pas d'écrire un opéra au sens traditionnel du terme, avec personnages, intrigues, bonheur, malheur, etc; c'est plutôt de confronter sur scène trois versions musicales de l'existence représentées par trois groupes d'interprètes.










































