Paris Tokyo Paris
Le concept de cette pièce est une exploitation entre une spontanéité gestuelle et une réflexion, entre l'immédiat et le différé.
J'ai d'abord improvisé sur un clavier midi. À la suite de quoi j'ai monté superposé découpé et corrigé les deux improvisations, tout en respectant la chronologie.
J'ai sorti les notes sur l'imprimante et me suis servi de cette partition pour écrire cette composition, en prenant des idées qui étaient là, en les transformant, en les développant, en rajoutant à la sécheresse de l'imprimante une nouvelle spontanéité, tout en respectant la chronologie de l'improvisation, donc en prenant la distance de la réflexion.
Par ailleurs, j'étais au Japon pour la première fois en janvier 2002, à Tokyo. J'enregistrais plein de choses que je trouvais suffisamment ordinaires pour m'intéresser. J'enregistrais spontanément du temps réel.
Revenu à Paris, je travaillais sur ces sons enregistrés. On peut donc dire que ce travail se passe en différé.
Je choisissais, je montais, je transformais tout en conservant leur identité réaliste.
S'il y avait une « philosophie » à tirer de tout cela, c'est qu'il s'agit d’une combinaison qui m'a permis de travailler sur un morceau de temps, avec tout ce que cela comporte de douleur et de plaisir (sensualité), et ensuite de visiter ce temps avec tout le temps qu'il faut à la réflexion pour opérer.
La forme qui vient du corps (de l'improvisation) je l'ai respecté.
Luc Ferrari, novembre 2002.










































