Faust'sBox©Arthur Péquin

Faust's Box

trandisciplinary journey
par Andrea Liberovici : création 2016

Faust's Box
par Andrea Liberovici

« Je me suis toujours efforcé de suivre, dans mon travail, le conseil de Bertolt Brecht : "Il ne faut pas construire sur le bon vieux temps, mais sur le mauvais temps nouveau". Or, la seule méthode que je connaisse pour amorcer une réflexion sur le mauvais temps nouveau, c’est d’approfondir ma connaissance du passé ».

Le spectacle
Musique, vidéo, dispositif électronique 

Le compositeur Italien Andrea Liberovici signe une œuvre originale, autour du mythe de Faust pactisant avec le diable. Musique, vidéo et dispositif électronique s’entremêlent dans cette œuvre, créée le 11 février 2016 à Poitiers. Tous ces personnages interprètent une partition à la croisée des esthétiques, ouvrant la voie à de véritables illusions sonores. Enfermé dans une boîte, Faust fuit le monde extérieur avec désespoir et ne cherche plus rien sinon retrouver sa voix. Seul, le dos tourné au public, face à son reflet dans un miroir, Faust (interprété par Helga Davis) dialogue avec son image afin d'évoquer ses souvenirs et ses illusions à la recherche d’un seul mot : le bonheur. « Faust’s Box n’a aucunement pour ambition de proposer une interprétation moderne du Faust goethéen », insiste le compositeur. Ce qui l’intéresse, « ce sont les questions que Goethe s’est posées et qu’il continue à nous poser sur l’être humain au fondement de sa poétique. Quels êtres humains sommes-nous devenus dans ce mauvais temps nouveau ? ». Malgré les grandes révolutions de la modernité et de la technologie, l'homme est seul. Andrea Liberovici tente alors « de comprendre à partir de quel moment de l’histoire l’être humain a cessé d’être au centre de la réflexion culturelle, politique et sociale, pour revêtir la double physionomie de consommateur et d’objet de consommation ».

L'histoire
un voyage multidisciplinaire

L’histoire de Faust’s box part de là. Elle nous plonge dans l'intérieur de l'âme et sur les dimensions cachées et mystérieuses de nos vies. Le spectacle s’articule autour de cet Ego, décrit comme le « personnage principal en tant qu’objet de damnation ». Ce voyage multidisciplinaire s’articule autour d'une bande son sur laquelle est enregistrée la voix de Robert Wilson, le « narrateur de l’ombre », mêlée à des sons concrets captés dans la ville et dans la nature. L’extraordinaire Helga Davis incarne un Faust sans genre ni sexe, capable d’une impressionnante polyphonie savamment soutenue par l’électronique. Les sept musiciens s’intègrent avec fluidité à cette distribution, dans une forme singulière de dialogue avec les voix. Quant à l'esthétique musicale, le compositeur « utilise musicalement et dramaturgiquement la pop, cette langue dominante, comme une « amorce narrative » pour engager une réflexion sur les multiples déclinaisons, pas seulement esthétiques, de la domination ».

  • Faust's box
    Extraits premières répétitions (2)

Andrea Liberovici

Andrea Liberovicimusique, texte et mise en scène
Helga Davis, chant
Philippe Nahondirection
Robert Wilson, narrateur de l'ombre
Ennio Ranaboldo, ghost writer
Ombres en vidéo, controluce teatro d'ombre

Ars Nova ensemble instrumental (7 musiciens)
Éric Lambergerclarinette
Isabelle Cornélis et Elisa Humanes, percussions
Catherine Jacquetviolon
Alain Tresalletalto
Isabelle Veyriervioloncelle
Tanguy Menezcontrebasse

Erwan Le Metayer, régie générale et orchestre
Christophe Hauser, son
Jérôme Deschamps, lumières
Irene Novellocoordination artistique et technique

Production déléguée Ars Nova ensemble instrumental
Coproduction Teatro del Suono, TAP - Théâtre Auditorium de Poitiers, Teatro Stabile di Genova
Avec le soutien de la SPEDIDAM

Philippe Nahon dirige Ars Nova avec souplesse et rigueur ; la battue est claire, nette, précise ; d’ailleurs la musique de Liberovici ne permet pas vraiment d’improviser. Musicalement et textuellement, Liberovici alterne avec talent, espoir, désespoir, tentative d’évasion, résignation. C’est la complicité entre Nahon et ses musiciens qui forme le socle du succès de la soirée, alliée à une artiste exceptionnelle, Helga Davis, et à un compositeur talentueux, Andrea Liberovici ; le collectif s’est approprié le mythe de Faust en une œuvre absolument personnelle qui ne copie ni ne s’inspire de personne.
Hélène Biard pour Classiquenews.com (19 février 2016)