Ars Nova et Proxima Centauri

Concert Partagé

Présentation

Ars Nova et Proxima Centauri, deux ensembles de la grande région Nouvelle-Aquitaine qui placent la création artistique au cœur de leur travail, se retrouvent et s'associent afin de proposer une rencontre entre la création d'aujourd'hui et deux figures historiques du 20e siècle, Steve Reich et Iannis Xenakis. 

Si Xenakis et Reich font aujourd'hui figure d'icônes, c'est bien parce qu'ils ont bouleversé les dogmes en vigueur dans la seconde moitié du 20e siècle et ouvert de nouvelles perspectives à la création. Les autres compositeurs au programme de ce concert (H. Vázquez et P. Jodlowski) répondent à leurs aînés avec des pièces dont l'inventivité nous plonge dans des mondes inédits. Entre la musique répétitive de Steve Reich, la force rythmique et l'énergie pure de Iannis Xenakis, l'univers riche de multiples cultures du compositeur sud-américain Hebert Vázquez et l'inspiration antique de Pierre Jodlowski, ce concert se présente comme un voyage dans un univers coloré et plein de fougue. 

Le programme

Rebonds A, de Iannis Xenakis
Immense rituel abstrait, une suite de mouvements et de martèlements sans aucune ‘‘contamination’’ folklorique, une musique pure de rythmes merveilleusement démultipliés, efflorescents, au-delà du drame et des orages. Un nouveau chef-d’oeuvre.

Cuerpos Translucidos, de Hebert Vázquez
Cuerpos translucidos, composé en 2014 est dédié à Sandra Pani. Elle en est elle-même la commanditaire puisqu’à l’origine, cette musique devait servir d’arrière-plan à son exposition Denutatio perfecta. Le compositeur a donc cherché à établir un rapprochement avec son travail. Pour cela, il a entrevu un rideau tissé d’octaves et d’unissons – intervalles les plus transparents, dépossédés, du discours musical – à travers lesquels il est ainsi possible de percevoir d’autres sons, attirés par les voiles de l’œuvre de Sandra Pani qui suggère des figures délicates, et cherche à capturer l’essence végétale et du corps humain avec des traits minimalistes. Avec sa texture rythmique, légère et pointilliste, son flirt occasionnel avec le jazz ou une quelconque musique populaire imaginaire (Hebert Vázquez fait confiance à l’auditeur afin qu’il puisse y donner un sens à partir de ses propres références), Cuerpos translucidos prétend être une célébration de l’œuvre de Pani, de sa vitalité et sa subtilité.

Coliseum, de Pierre Jodlowski
Lors d’une visite aux Arènes de Nîmes, Pierre Jodlowski a été frappé par l’enfilade des corridors, des couloirs, des perspectives, de la tension intrinsèque à ces lieux, comme si l’architecture et la lumière gardaient la trace de la violence antique. Il a eu la vision d’un long travelling dans les différents niveaux, succession de déplacements convergent tous, d’une manière inéluctable, vers le centre, aucune autre issue n’étant possible. Cette tension visuelle est à l’origine de la conduite de l’énergie du projet, qui va toujours vers des mouvements de tension et de cassure. Lorsqu’elle se calme, la musique veut tendre vers la poussière, vers le souffle de l’avant, l’inspiration qui précède l’entrée en scène. Sans être directement narrative, la forme et le matériau suivent un cheminement que cette errance a suggéré : une dynamique et un jeu de force qui s’opposent ou s’entraînent, se divisent ou s’ajoutent. Cette pièce est dédiée à Proxima Centauri et tout particulièrement à Marie-Bernadette Charrier.

Tehillim, de Steve Reich
Composé en 1981 pour ensemble instrumental et voix de femmes, Tehilim (Psaumes en hébreu) de Steve Reich contient quatre mouvements. Chacun est écrit sur un psaume, dont la tradition orale chez les juifs occidentaux s’est complètement perdue. Libéré de ce poids, le compositeur est dans une recherche personnelle, sans volonté d’imitation ni d’opposition. Sans courts motifs répétitifs, si représentatifs du langage de Reich, c’est le rythme du texte hébreu qui détermine celui de la musique, alors plus étendue. L’harmonie, l’orchestration et les techniques vocales y sont plus classiques. Si la pulsation est constamment marquée par les percussions imbriquées, la mélodie s’adapte à la signification des mots.

Iannis Xenakis 
Hebert Vázquez 
Pierre Jodlowski 
Steve Reich 

Philippe Nahon, direction

Valérie Philippin, Géraldine Keller, Isa Lagarde et Isabel Soccoja, voix

Ars Nova ensemble instrumental : 12 musiciens
Pierre-Simon Chevry, flûte
Baptiste Gibier, hautbois
Éric Lamberger, clarinette
Rémi Lerner, clarinette basse
Catherine Jacquet et Jean-Louis Constant, violons
Alain Tresallet, alto
Isabelle Veyrier, violoncelle
Tanguy Menez, contrebasse
Jean-Luc Ayroles, piano/orgue
Christophe Bredeloup, Didier Plisson et Hélène Colombotti, percussions

Proxima Centauri
Marie-Bernadette Charrier, direction artistique et saxophones
Christophe Havel, dispositif électroacoustique
Hilomi Sakaguchi, piano et orgue
Clément Fauconnet, percussions
Sylvain Millepied, flûte

Musiciens invités :  Mathieu Ben Hassen et William Parigny,  percussions 

Coproduction Ars Nova ensemble instrumental, Proxima Centauri, OARA, Théâtre des Quatre Saisons