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Thierry De Mey
Thierry De Mey (né en 1956 en Belgique), après des études de cinéma, aborde la composition en rencontre avec la danse : il écrit pour Anne Teresa De Keersmaeker, Wim Vandekeybus, Michèle-Anne De Mey et forme le groupe Maximalist !, laboratoire pour jeunes compositeurs belges et insolents. Mélomanie, rigueur au travail et aptitude naturelle au désordre le caractérisent ; il aime Jimi Hendrix et Paul Valéry, la topologie, les champignons.
Qui n'a rêvé d'une musique qui ne s'arrêterait jamais ? C'est peut-être à ce rêve qu'il s'use. Mouvement brownien, perpetuum, ostinato, il y a peu de repos dans ses pièces. Articulées avec clarté, calibrées avec une très pudique précision, vient les dérégler une poétique fauve qui donne à entendre à vif les timbres et les rythmes bruts.
La musique en démangeaison, mais très formalisée, de ce va-nus-pieds tout classique s'offre comme une réponse aux gros souliers du «retour à l'émotion», cette émotion qu'on invoque incantatoirement chaque fois qu'il s'agit de proposer une voie d'air à la musique contemporaine. Le lyrisme, ici, n'est dû qu'aux aventures physiques et organiques de matériaux volontairement nus et pauvres, sous-tendus par une pulsation permanente - pulsation qui se souvient, sans doute, de la musique dite minimaliste, tout en la prenant au piège d'une esthétique inversée.
Jean-Luc Plouvier (médiathèque de l’IRCAM)
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Programmes
MUSIQUE SOLISTE
Tippeke
Pour violoncelle solo et bande électronique.
Une projection de Tippeke rassemble plusieurs démarches d'égales importances, où fusionnent les différents paramètres de la chorégraphie, du film et de l'écriture musicale.
La protagoniste, Anne Teresa De Keersmaeker raconte/chante/danse une vieille comptine flamande où il est question d'un petit garçon qui ne veut pas rentrer à la maison.
À chaque mot clé correspond un mouvement dansé, à chaque concept une couleur harmonique choisies sur les cordes graves du violoncelle, à chaque mode de discours de la comptine une façon de les exécuter, un mode d'association des différentes données sonores : voix, violoncelle et ambiances sonore du film.
Silence must be
Pour chef d’orchestre seul.
TRIO
Musique de tables
Pour trois percussionniste.
Silence must be et Musique de tables explorent la frontière entre le mouvement chorégraphique et le geste musical porteur de son. Ces deux pièces reflètent clairement les préoccupations formelles de Thierry de Mey : une certaine fascination pour les questions topologiques que pose le mouvement et le rapport privilégié aux arts du mouvement que sont la danse et le cinéma qui marquent encore son travail aujourd’hui.
Palilalie
Pour clarinette et saxophone.
Palilalie est le terme savant pour désigner le bégaiement…
La phrase musicale est énoncée par bribes et se fraie un chemin au détour de divers modes de reprises, bouclages, jeux d’écho et décalages.
Plus qu’un dialogue de personnes atteintes de bégaiement, c’est la technique musicale du haut moyen âge, le « hoketus » qui est ici le modèle d’inspiration.
Au XIIIème siècle, le chœur se répondait note à note, divisé dans les ailes symétriques de la cathédrale gothique; l’assistance au milieu devait bénéficier d’un réel effet de spatialisation, l’invention de la stéréophonie en quelque sorte.
La pièce est écrite, au choix des interprètes, pour deux ensembles ou deux instruments solistes, symétriques mais non identiques.
MUSIQUE D’ENSEMBLE
Palindrome
Pour 8 clarinettes.
Palindrome se dit d’une phrase que l’on peut lire indifféremment de gauche à droite ou de droite à gauche tout en gardant un sens identique.
Le défit musical de cette pièce développe cette idée sous forme d’un labyrinthe mélodico – harmonique où les huit voix se reflètent en s’emboîtant l’une dans l’autre.
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