Bernard Cavanna
Créateur autodidacte et inclassable, c’est sur les conseils d’Henri Dutilleux, puis avec l’aide de Paul Méfano et de Georges Aperghis que Bernard Cavanna se lance dans la composition ; mais son influence principale demeure la musique et la pensée du compositeur roumain Aurèle Stroë, dont il réalisera en 2000 avec Laurence Pietrzak un portrait filmé en forme d’hommage. Il évoque également, sur le ton de la boutade, les figures tutélaires de Bernd Aloïs Zimmermann (« l’érudition comme collage inquiet ») et de Nino Rota (« le Weill latinisé », Pascal Huyn). Singulièrement libre à l’égard des dogmes, son œuvre témoigne d’une inventivité toute intuitive et d’un savoureux éclectisme qui mêle populaire et legs romantique.
A son répertoire, qui couvre tous les genres, figurent notamment trois concertos composés pour trois de ses instruments de prédilection : le Concerto pour violon (1998-99), le Double concerto pour violon et violoncelle (2007) et le Karl Koop Konzert (2008) pour accordéon, créés respectivement par Noëmi Schindler, Emmanuelle Bertrand et Pascal Contet.
Parmi ses projets figurent la composition de Musique faite exprès pour trois ténors et ensemble d’après « A l’agité du bocal » de Louis-Ferdinand Céline, et la parution d’un CD monographique chez Aeon en 2010, auquel sera associé le documentaire que lui consacre Delphine de Blic, « La peau sur la table ».
(Virginie Palu)
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